Il suffit parfois d’un parfum de beurre, de cannelle ou de noix de coco pour faire ressurgir toute une région. En Alsace, la gourmandise a cette capacité particulière à raconter un territoire, ses traditions et ses souvenirs. Depuis 1996, la Maison Alsacienne de Biscuiterie cultive précisément cette idée : faire découvrir l’Alsace à travers ses biscuits et ses gâteaux, en restant fidèle aux recettes qui ont traversé les générations tout en sachant regarder vers demain.
Pour ses 30 ans, la Maison revient donc à ce qui fait son identité : des recettes de famille, un savoir-faire biscuitier exigeant, des spécialités profondément alsaciennes et une nouvelle collaboration artistique qui donne à cet anniversaire une dimension contemporaine.
Tout commence à Riquewihr
L’histoire débute en 1996, dans une petite échoppe au cœur de Riquewihr. C’est là que naît la Maison Alsacienne de Biscuiterie, autour d’une spécialité appelée à devenir son emblème : les Macarons de Riquewihr.
Ces petits dômes cannelés cuits au four séduisent immédiatement par leur texture et leurs parfums. Le sucre chaud et la noix de coco s’échappent de la boutique et participent déjà à cette expérience sensorielle qui deviendra l’une des signatures de la Maison.
Dès ses débuts, le parti pris est clair : préserver l’authenticité des recettes alsaciennes et faire de chaque biscuit une véritable expression du terroir. Pas question de faire de la tradition un simple argument marketing. La Maison puise dans de véritables livres de recettes de famille, transmis au fil des générations, pour construire au fil du temps son propre répertoire gourmand.
Trente ans de savoir-faire… et une transmission
Derrière les biscuits, il y a aussi une histoire humaine.
Pendant trente ans, Jean-Marc Muller, fondateur de la Maison Alsacienne de Biscuiterie, a développé l’entreprise en s’appuyant sur ces recettes familiales et sur un savoir-faire patiemment transmis. De l’atelier de fabrication aux boutiques, il a construit une maison où la relation humaine occupe une place aussi importante que la qualité des produits.
Aujourd’hui, une nouvelle page s’écrit. Jean-Marc Muller prend une retraite bien méritée et passe le relais à Raphaël Kiesele.
Le choix du successeur ne manque pas de sens. Originaire d’Alsace et petit-fils de biscuitier, Raphaël Kiesele connaît intimement cet univers et les valeurs qui l’accompagnent. La transmission prend ici tout son sens : une maison qui change de mains sans perdre son âme.
Les Bredele, petits biscuits et grands souvenirs d’Alsace
Parmi les incontournables de la Maison, les Bredele Sablés occupent naturellement une place de choix.
Ces petits biscuits fins au beurre sont directement inspirés des traditions biscuitières alsaciennes. Leur particularité tient aussi à leur incroyable diversité : découpés à l’emporte-pièce, moulés ou façonnés à la douille, ils se déclinent autour de parfums familiers comme le chocolat, la cannelle, la noisette, la vanille ou le citron.
À chaque bouchée, c’est une petite histoire de famille qui revient.
La Maison propose également ses Bredele Moelleux, une spécialité qui lui est propre. Leur pâte généreusement composée d’amandes leur confère une texture fondante et particulièrement gourmande.
Deux créations emblématiques se distinguent : les Liabsti, dont le nom signifie « mon préféré », proposés dans plusieurs saveurs, et les Siess g’nuss, littéralement les « doux plaisirs », délicatement décorés à la main avec un fruit à coque.
Kougelhopf, Langhopf, Rosenkuchen : l’Alsace à partager
La tradition alsacienne ne s’arrête évidemment pas au biscuit individuel. Elle se retrouve aussi dans ces grands gâteaux que l’on pose au milieu de la table et que l’on partage généreusement.
Impossible, pour la Maison Alsacienne de Biscuiterie, de ne pas faire une place au Kougelhopf, véritable emblème de la pâtisserie alsacienne. Moelleux, léger et aérien, il est façonné dans son traditionnel moule en terre cuite de Soufflenheim, avant de rejoindre les petits-déjeuners ou les goûters où il semble avoir toujours été là.
Le Langhopf en reprend certains codes, mais dans une forme allongée. Sa pâte moelleuse accueille des noisettes, des amandes torréfiées, des noix et des raisins macérés dans le rhum.
Autre gâteau de partage, le Rosenkuchen séduit autant par son apparence que par sa générosité. Sa forme évoque une rose tandis que sa garniture associe crème d’amandes et noisettes torréfiées.
Et puis il y a les Lillikoug®, création originale de la Maison : de petits gâteaux en forme de Kougelhopf immergés dans des sirops alcoolisés aux eaux-de-vie d’Alsace. Kirsch, Marc de Gewurztraminer, Quetsche ou Poire Williams viennent ainsi dialoguer avec le savoir-faire biscuitier.
Une manière assez réjouissante de rappeler qu’en Alsace, la gourmandise sait aussi s’aventurer du côté de la distillation.
Quand l’héritage rencontre l’illustration contemporaine
Pour célébrer ses 30 ans, la Maison Alsacienne de Biscuiterie a souhaité associer son histoire à un regard plus contemporain.
Elle s’est tournée vers Pauline Formosa, illustratrice alsacienne connue sous le nom de Nana, pour imaginer l’univers graphique de cette année anniversaire.
La rencontre paraît presque évidente. D’un côté, un savoir-faire gourmand enraciné dans le territoire. De l’autre, une artiste qui puise elle aussi son inspiration dans la culture alsacienne.
Son univers s’inspire notamment du polychrome alsacien, caractérisé par ses couleurs vives et ses motifs floraux et géométriques. Pauline Formosa ne cherche toutefois pas à reproduire le patrimoine à l’identique. Elle le réinterprète avec une approche plus libre, joyeuse et actuelle.
Ses illustrations viennent ainsi habiller les écrins collectors imaginés pour les 30 ans de la Maison. Une façon élégante de faire dialoguer patrimoine et création contemporaine, sans jamais opposer les deux.
Un nouveau parfum pour les Macarons de Riquewihr
Un anniversaire de cette importance méritait aussi une nouvelle création.
Pour ses 30 ans, la Maison Alsacienne de Biscuiterie dévoilera ainsi un nouveau parfum de Macaron de Riquewihr, la spécialité historique à l’origine de l’aventure.
La recette sera présentée en exclusivité avant sa commercialisation. Une manière de boucler la boucle : trente ans après les premiers macarons confectionnés dans la petite boutique de Riquewihr, la Maison revient à sa création fondatrice pour lui offrir une nouvelle interprétation.
Les Bredele bénéficient eux aussi d’une édition anniversaire avec un coffret collector, illustré par Pauline Formosa. Un écrin conçu pour célébrer autant le contenu que le contenant et prolonger le souvenir de cette année particulière.
De Riquewihr à 13 boutiques
En trois décennies, la petite échoppe des débuts a bien grandi.
La Maison Alsacienne de Biscuiterie compte aujourd’hui 13 boutiques en Alsace et en Lorraine, devenues des adresses recherchées aussi bien par les visiteurs que par les habitants de la région.
On y vient pour rapporter un souvenir, préparer un cadeau, partager quelques spécialités autour d’un café ou simplement retrouver une saveur connue. Cette dimension affective constitue sans doute l’une des forces de la Maison : ses biscuits sont autant des produits gourmands que des petits morceaux de territoire.
À l’approche de Noël, cette présence dépasse naturellement les frontières régionales. Les chalets de la Maison prennent place sur plusieurs marchés de Noël en France, permettant à d’autres régions de découvrir ces spécialités alsaciennes.
Et pour ceux qui ne peuvent pas pousser la porte d’une boutique, le voyage se poursuit en ligne, avec une boutique permettant de recevoir chez soi ces « petits morceaux d’Alsace ».
Une maison tournée vers les trente prochaines années
À 30 ans, la Maison Alsacienne de Biscuiterie regarde finalement autant derrière elle que devant.
Son histoire repose sur un patrimoine culinaire, des recettes familiales et un savoir-faire qui n’a cessé de se transmettre. Mais elle s’inscrit aussi dans une volonté de renouvellement, qu’il s’agisse de nouvelles créations, de collections originales ou de collaborations avec des artistes contemporains.
Le passage de relais entre Jean-Marc Muller et Raphaël Kiesele prolonge cette logique. Parce qu’une tradition n’est jamais aussi vivante que lorsqu’elle continue d’évoluer.
Et si l’on devait résumer ces trois décennies en une seule bouchée, ce serait peut-être celle-ci : un peu de beurre, quelques amandes, une pointe de cannelle, beaucoup de savoir-faire et une bonne dose d’Alsace.
Une recette qui, manifestement, n’a pas fini de séduire.